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Echos du Deuxième Synode Africain sur la Réconciliation, la justice et la paix (III° partie) : La formation

Du 04 au 25 octobre 2009, s’est tenue à Rome la deuxième Assemblée Spéciale du Synode des Evêques pour l’Afrique (appelée couramment deuxième synode africain). J’y étais présent comme expert invité par le Symposium des Conférences Episcopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) et par l’Association des Conférences Episcopales d’Afrique Centrale (ACERAC).

Voici quelques échos que j’en ai ramenés, notamment sur le renforcement de la formation.

Investir la formation

Le premier synode avait déjà insisté sur la formation humaine et religieuse des laïcs. Le deuxième synode a demandé d’intensifier cette formation, principalement celle des décideurs socio-politiques, avec l’aide des Commission Justice et Paix.

1. La formation des décideurs socio-politiques et des militaires

Le deuxième synode invite à soigner la pastorale des cadres, en tenant compte des diverses catégories socio-professionnelles, en insistant sur l’éthique générale et socio-économique. Cette formation peut permettre de relever le défi dans l’œuvre d’évangélisation et la participation à la vie de l’Eglise, avec le but de transformer la société. Cette mission dans le monde exige accompagnement doctrinal et spirituel. Elle peut être aussi un ferment pour une autonomie financière dans nos diocèses.

Il faut également penser à accompagner et former les hommes et femmes politiques en vue de la paix, si possible dans un contexte œcuménique. C’est un devoir pour l’Eglise de travailler à l’émergence d’une classe politique responsable. Elle sera faite de serviteurs de réconciliation, de justice et de paix, à l’exemple de quelques leaders africains, tel Julius Nyerere. Sa béatification pourrait serviteur d’exemple. Les Pères ont également souhaité, une implication plus importante du SCEAM aux côtés de l’Union Africaine, non seulement comme observateur, mais comme partenaire.

Il convient également d’éduquer les populations à leurs droits et devoirs du citoyen, à la tolérance, au respect. Enfin, il faut soigner l’accompagnement et la formation des militaires pour qu’ils soient des agents de la paix.

2. Le rôle des commissions Réconciliation, Justice et paix

Les commissions Justice et Paix, que l’on pourrait désormais appeler « commissions Réconciliation, Justice et Paix », peuvent aider à cette formation. Pour cela, elles ne doivent pas être récupérées par des partis politiques. Elles doivent être le fer de lance de la mise en œuvre du programme du synode. Il convient alors d’étendre leur action à l’ensemble des communautés chrétiennes. Elles ont à travailler par exemple avec les Caritas (Secours catholique), les groupes de santé, de lutte contre le SIDA, contre la corruption….Elles encourageront le dialogue œcuménique et interreligieux, principalement avec les Religions Traditionnelles Africaines, l’Islam….

Comme organes de l’Eglise, elles susciteront des réflexions sur les causes des injustices et des violences tant au niveau local qu’international, sur la démocratie, les droits de l’homme, les relations Eglise-état, sur les violences écologiques, de la dette, de la faim…
Elles insisteront sur l’implication des medias et l’utilisation des nouvelles technologies de l’information pour une pastorale de la réconciliation, de la justice et de la paix.

Enfin, les commissions pourraient être des observatoires de la situation socio-politique, mais aussi des observatoires de la mise en œuvre du synode. Ainsi, elles pousseront à célébrer le synode dans chaque diocèse, dans chaque communauté chrétienne, en Afrique, comme dans les diasporas africaines.

Paulin Poucouta