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L’histoire biblique au masculin et au féminin

Des hommes ont tendance à chercher dans la Bible la confirmation du modèle androcentrique de nombre de nos sociétés. Les femmes, elles, au contraire, y trouvent la source de leur libération et du partenariat homme/femme.

Dans la société patriarcale vétéro-testamentaire,

La femme est avant tout épouse et mère, comme en Afrique. Elle donne la vie, l’entretient, l’engendre. Cantonnée au foyer, elle éduque. Ce serait cela sa grandeur !
Pourtant, la femme est associée à l’histoire du salut dès l’époque patriarcale.

En effet, si l’histoire biblique se fonde sur la vie des patriarches, particulièrement Abraham, Isaac, Jacob et Joseph, leurs épouses jouent également un rôle important dans l’élection et la réalisation des promesses. Elles aussi portent la responsabilité de l’alliance.

A certains moments importants de l’histoire du salut,

leur place est capitale, même si elle n’est pas soulignée. Ainsi, Sarah, Rébecca, Léa et Rachel ont engendré le peuple de Dieu. A travers elles, Dieu montre que c’est Lui qui guide son peuple. Elles sont aussi les instruments de l’action déroutante de Dieu. Elles sont porteuses et gardiennes des promesses, avec leurs époux. Les épouses des patriarches annoncent toutes les femmes collaborant aux côtés des hommes à la transformation de l’histoire.

La Bible est ainsi pour les femmes une source de leur libération.

Elle ne leur propose pas uniquement une image de la femme mère, symbole du renouveau du continent, comme le chantent de nombreux poètes africains. Elles sont des actrices de ce renouveau.

L’histoire s’écrit au masculin et au féminin. C’est là le projet initial de Dieu lorsqu’il confie conjointement à l’homme et à la femme la mission de poursuivre son œuvre créatrice :
« Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu, il le créa, homme et femme, il les créa. Dieu les bénit et leur dit : ‘’Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la…’’ » (Gn 1, 27-28).

Pr Paulin Poucouta