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PROGRAMME D’ACTION D’ACCRA (Accra Agenda Action, ‘AAA’) pour une aide au développement plus efficace.

Ce programme d’Accra contient des recommandations que le CEAF&RI ne peut ignorer dans son action de lobby et de plaidoyer pour le renforcement des capacités des acteurs de développement de la société civile, notamment des organisations féminines.

Il y a une prise de conscience de la féminisation de la pauvreté, des inégalités de genre, ainsi qu’une volonté des donateurs de raffermir leur engagement auprès des organisations de la société civile.

Le « Accra Agenda for Action (AAA) »

(Programme d’Action d’Accra) présenté aux participants du Forum de haut niveau recommande essentiellement le renforcement de l’appropriation des processus de développement par les pays recevant l’aide, plus de partenariats efficaces entre les divers acteurs impliqués dans l’aide et une meilleure fourniture et justification des résultats tangibles de l’aide.
Les représentants de la société civile qui ont participé à un Forum parallèle en prélude à l’ouverture du Troisième Forum de Haut Niveau, le Haut Sommet d’Accra, constate quelques progrès. Mais ils remarquent que le Programme d’Action d’Accra pourrait représenter un pas en arrière dans les efforts d’améliorer l’efficacité de l’aide depuis la Déclaration de Paris en 2005.

Quelques constats et inquiétudes des Organisations de la Société Civile
- La croissance de la pauvreté
Le Programme d’Action d’Accra (‘Accra Agenda for Action’) est trop faible et ne fait pas assez pour que l’aide marche pour les personnes pauvres, constate de la représentante de l’organisation ghanéenne des droits des femmes.

La vérité des chiffres :

« 1,4 milliard de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté de 1,25 dollar par jour. Le modèle économique néo-libéral fournit-il les résultats promis de la croissance pour tous ?

- La conditionnalité de l’aide :

Une autre source d’inquiétude concerne le concept de la conditionnalité de l’aide qui demeure une composante de AAA. Autrement dit, les pays ne peuvent recevoir de l’aide que lorsqu’ils remplissent certaines conditions : le respect des droits humains, la baisse de niveau de l’inflation et la promotion de la privatisation des entreprises publiques.

- Des pays en développement sont également obligées de réduire les dépenses publiques, et donc de ne pas investir dans le secteur social, par exemple dans la formation des enseignants.

- Une autre condition controversée liée à l’aide concerne la réduction des subventions gouvernementales dans l’agriculture et le secteur social (la santé et l’éducation). Cela signifie que les gouvernements des pays en développement sont obligés de demander à leurs citoyens de payer plus pour les besoins vitaux, ce qui les poussent encore dans la pauvreté.

- La féminisation de la pauvreté :

Une autre inquiétude soulevée au Forum des Organisations de la Société Civile est que le AAA n’accorde pas assez d’attention aux questions de genre. « La majorité des personnes qui vivent en dessous du seuil de la pauvreté sont des femmes et des filles. Il est donc capital d’analyser les implications du Programme d’efficacité de l’aide pour la promotion de l’équité de genre, des droits des femmes et de l’autonomisation des femmes.

Des constats positifs : quelques progrès

Malgré ces inquiétudes, il convient de relever des progrès réalisés depuis la Déclaration de Paris concernant l’égalité de genre.
- Le Programme d’Action d’Accra reconnaît que les droits des femmes et l’équité de genre sont importants pour produire un impact durable sur la réduction de la pauvreté.

Mais, ce Programme d’Action n’alloue pas de ressources et n’oblige pas les donateurs à travailler sur l’équité de genre et sur les droits des femmes. La directrice exécutive du Fonds des nations Unies pour la Femme (UNIFEM), Inès Alberdi conclut « L’efficacité de l’aide sans une perspective des droits des femmes et sans l’équité de genre est impossible. Elle ne conduira pas à un développement effectif et ne contribuera pas à réduire la pauvreté ».

- Concernant la participation de la société civile : Les organisations ont reçu plus de reconnaissance en tant qu’acteurs de développement. En 2005, 50 organisations avaient participé, à Accra, elles étaient 80, même si ce nombre reste insuffisant par rapport aux institutions financières internationales et des fonctionnaires gouvernementaux.

Pour que le Programme d’Action d’Accra rende l’aide plus efficace, les donateurs ne devraient–ils pas s’engager plus auprès de la société civile, et en allouant des ressources dans le domaine de genre. Autrement, ce Programme d’Action d’Accra ne concernerait pas l’efficacité de l’aide, mais servirait plutôt à rendre l’aide plus efficace pour les donateurs et les institutions financières.

Albertine Tshibilondi

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Programme d’action ACCRA