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Echos du Deuxième Synode Africain sur la Réconciliation, la justice et la paix (II° partie) : Le rôle de la famille

Du 04 au 25 octobre 2009, s’est tenue à Rome la deuxième Assemblée Spéciale du Synode des Evêques pour l’Afrique (appelée couramment deuxième synode africain). J’y étais présent comme expert invité par le Symposium des Conférences Episcopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) et par l’Association des Conférences Episcopales d’Afrique Centrale (ACERAC).

Voici quelques échos que j’en ai ramenés, notamment sur le rôle de la famille

Le rôle de la famille

La famille, souvent marquée par la violence, est le premier lieu de réconciliation. L’ecclésiologie de l’Eglise-Famille-de Dieu doit amener à rappeler que la famille est l’Eglise domestique. La famille doit redevenir le premier lieu d’évangélisation, de prière, d’apprentissage des valeurs de réconciliation, de justice et de paix. Pour cela, les parents doivent être formés à leur mission.

1. Les femmes

Dans les conflits armés, les femmes sont souvent les principales victimes de la violence. Cela est également vrai dans les foyers. Parfois, les femmes elles-mêmes sont actrices de la violence à l’encontre d’autres femmes, surtout au moment des deuils. Sans céder aux modes, il faut réaffirmer plus fermement et défendre la dignité des femmes. Comment les impliquer beaucoup plus dans l’Eglise où elles sont si nombreuses ? Comment faire des diverses associations féminines chrétiennes de véritables lieux d’évangélisation, de réconciliation, de justice et de paix ?

2.Les hommes

Les hommes sont souvent les principaux acteurs de la violence, surtout dans les conflits armés. Il leur est demandé de prendre leurs responsabilités, avec beaucoup de courage et de détermination pour résister à la violence familiale et sociale, et promouvoir la réconciliation. Ils doivent assumer leurs responsabilités dans la famille et dans la société. Pour remplir cette mission, il est bon qu’ils travaillent en groupements d’action catholique ou chrétienne.

3. Les jeunes

Aujourd’hui, l’enfant a perdu le statut de roi qu’il avait dans la tradition africaine. Les enfants et les jeunes sont souvent instrumentalisés dans les conflits. Ils sont victimes d’injustice. Aujourd’hui, ils subissent de nombreux sévices sous l’accusation de sorcellerie. Des filles sont exploitées comme « domestiques » et des garçons dans les plantations.
D’où l’importance de l’école comme lieu d’émancipation. Il s’agit de former des hommes aptes à se mettre au service de la réconciliation, de la justice et de la paix. Les jeunes frustrés sont souvent à la merci des fauteurs de violence. La qualité de l’enseignement n’est pas toujours garantie. Les enseignants, souvent mal payés, deviennent corruptibles. La qualité de l’enseignant n’est plus garantie. Il faut veiller à la formation des enfants des pauvres, et insister sur la formation professionnelle.

Paulin Poucouta