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Hommage à ALIOUNE DIOP (1910-2010)

A l’occasion du centenaire de la naissance de ce "bâtisseur inconnu du monde noir", CEAF&RI propose l’article de Paulin Poucouta en hommage à Alioune Diop, fondateur en 1947 de la revue du Monde Noir « Présence Africaine ». En 1949, il crée la maison d’édition du même nom.

La forêt qui pousse

« On entend tomber l’arbre qu’on vient d’abattre, mais on n’entend pas pousser la forêt », dit un proverbe africain. Alioune Diop, quoique homme du Sahel, ressemble à nos grandes forêts qui poussent sans vacarme !
Alioune Diop est né à Saint-Louis du Sénégal le 10 Janvier 1910 où il fait ses études secondaires. En 1931, après le baccalauréat, il entame des études supérieures de Lettres classiques d’abord à l’Université d’Alger, puis à celle de Paris.

Une carrière politique

Brillant enseignant de philosophie, puis Haut fonctionnaire dans l’administration de l’Afrique Occidentale française, il s’engage en politique, en 1946, pendant la quatrième République. Il est élu sénateur, sous l’étiquette socialiste. Mais en 1948, il met fin à une carrière politique qui s’annonçait prometteuse. Manifestement, il se sent très à l’étroit dans les arènes politiques.

Fédérateur et humaniste : fondateur de Présence Africaine

En ces débuts de grande effervescence politique et politicienne, il prend l’option de s’investir dans l’activité et la réflexion intellectuelles. Pour lui, l’avenir de l’Afrique était autant dans l’engagement socio-politique que dans la force de la pensée. C’est à travers ses talents d’animateur culturel, d’organisateur, de fédérateur qu’il trouve sa voie.

Au fil des ans, l’humaniste sénégalais s’impose en Afrique et dans le monde comme une autorité intellectuelle, morale et spirituelle. Il inspire des centres culturels et la branche culturelle de l’O.U.A. En 1975, il reçoit le grade de Docteur Honoris Causa de l’Université de Lagos. Il s’éteint à l’âge de 70 ans à Paris, le 2 mai 1980.

La passion pour le monde noir

A Paris, Alioune Diop participe au bouillonnement intellectuel d’après guerre des Noirs de la diaspora, avec les Pères de la négritude, Aimé Césaire, Léon Gontran et Léopold Sédar Senghor. Il deviendra un des porte-voix et porte-flambeau du monde noir.

Un hommage de Senghor

En lui rendant un vibrant hommage, Léopold Sédar Senghor le désigne comme le « Socrate noir », plus soucieux de pousser les autres que de produire une œuvre personnelle. Plus passionné de l’avenir du continent que du sien propre, il se préoccupe de valoriser les richesses intellectuelles et spirituelles des filles et fils du continent. En cela, il est un bâtisseur silencieux du monde noir.

Pour plus d’infos sur le programme du centenaire
SITE : www.alioumediop.org

Paulin Poucouta

(Suite sur site www.ceafri.org)