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Evolution des relations de genre en contexte de migration

On constate de plus en plus une évolution dans les relations de genre chez les migrants subsahariens en Europe (Belgique), mais le chemin reste encore long pour une reconnaissance de leur compétence au niveau de l’emploi

Relations de genre et diversité culturelle

Les Africain-e-s se situent dans un contexte de multiculturalité et d’interculturalité. Ils vivent une situation ambiguë. En effet, les migrants ont changé de milieu culturel. L’Afrique est loin et pourtant elle est aussi proche. Notre quotidien nous y renvoie, naissance, mariage, deuil... Certains avaient une situation meilleure au départ qu’à l’arrivée comme le montre différents témoignages. Les femmes deviennent de plus en plus autonome économiquement par rapport aux hommes.

Quelques changements

Il y a des bouleversements dans la conception de la famille, du mariage, des relations entre la femme et l’homme. On passe de la famille élargie à une famille nucléaire. Le système matrimonial ne fonctionne plus de la même manière. Les filles et les femmes tendent à affirmer leur autonomie dans le choix de leur futur conjoint et dans la gestion de leur vie. Les femmes ne sont pas uniquement accompagnatrices, « bouches à nourrir », mais elles passent de l’invisibilité à la visibilité. Elles ont plus d’atouts et se reconvertissent plus facilement que les hommes dans le secteur de soins et de services qui exigent un grand investissement et un épuisement. Elles acquièrent une certaine indépendance économique, mais à quel prix ? Comment maintenir l’équilibre dans les relations sans renversement des rôles ? Comment concilier vie familiale et vie professionnelle ? Le monde traditionnel africain est pourtant proche. La tradition finit par nous rattraper en Europe. Ce qui est parfois source de tensions et peut poser des problèmes dans les relations femmes/hommes, l’éclatement des ménages (séparation, divorce) et l’impact sur l’éducation des enfants. Le chemin est encore long.

Autonomisation par l’emploi

L’autonomisation des femmes et des hommes subsahariens passe certes par l’emploi, mais un travail à plein temps, qui corresponde aux qualifications, avec un horaire permettant aux familles, notamment aux femmes de concilier travail et vie familiale. D’où l’importance, de nouveau, de la formation continue et des recyclages.

De plus, il conviendrait de mettre à profit et de valoriser les qualifications des femmes et des hommes universitaires subsahariens pour des emplois en tant que cadres de conseil, d’expertise…. Mais, tout ceci suppose l’ouverture du monde de l’emploi aux subsahariens, une ouverture à encourager par un dispositif juridique adapté.

Référence : Dossier spécial du Séminaire CEAF&RI, "genre, migration et diversité culturelle", dans L’Africain, n° 248, février-mars 2011