Accueil > Etudes Africaines en genre > Etudes de genre > Docteure Ngozi Okonjo-Iweala, première femme et première africaine à la tête (...)

Docteure Ngozi Okonjo-Iweala, première femme et première africaine à la tête de l’Organisation Mondiale du Commerce.

CEAF&RI vous présente la docteure Ngozi Okonjo-Iweala, première femme et première africaine nommée à la tête de l’organisation Mondiale du commerce en ce 15 février 2021.

Qui est Ngonzi Okonjo-Iweala ?

Née en 1954 au Nigéria où elle débute ses études pour les poursuivre aux Etats-Unis à Harvard, Massachusets Institute of Technology. Elle décroche, en 1981, un doctorat en économie avec une thèse consacré au développement agricole du Nigéria.
En 1982, elle intègre la Banque Mondiale, jusqu’en 2003 où elle est nommée ministre des finances au Nigéria. Elle est la première femme à occuper ce poste. En 2006, elle accède pour une courte période aux affaires étrangères avant d’être rappelée par la Banque Mondiale pour occuper le poste de numéro 2 de cette prestigieuse institution. Elle occupe à nouveau le portefeuille des Finances au Nigéria en 2011 et jusqu’en 2015. Elle dirige ensuite l’Alliance Mondiale pour les vaccins et l’immunisation (GAVI) jusqu’en 2020. En ce 15 février, elle succède au diplomate brésilien Roberto Azevêdo, à la tête de l’Organisation Mondiale du Commerce.

Une femme politique d’expérience

Avec ce parcours d’une combattante, Dr. Ngonzi Okonjo-Iweala n’est peut-être pas une spécialiste du commerce, mais c’est une femme politique riche d’expérience avec un profil nécessaire pour faire changer les choses et réinventer l’Organisation Mondiale du Commerce, constate les observateurs. C’est d’ailleurs ainsi qu’elle se définit "une femme d’action", "une réformatrice" qui dispose "des compétences nécessaires pour négocier avec les responsables politiques" (Déclaration après l’annonce de sa candidature au poste de directrice générale de l’OMC).

Une africaine directrice générale de l’Organisation Mondiale du Commerce

Dr Ngonzi Okonjo-Iweala est première femme directrice générale de l’Organisation Mondiale du Commerce, institution créé en 1995, qui réunit 164 Etats membres et poursuit deux objectifs principaux :
- administrer un système mondial des règles commerciales, et
- garantir le règlement des conflits entre ses membres.
Elle accède à la tête d’une institution qui connaît des difficultés après quatre ans d’impuissance dans la guerre commerciale, d’un libre-échange de plus en plus contesté, entre les USA de Trump (America first) et la Chine.
Sa tâche est immense et des défis nombreux !
Elle devrait, entre autres, redonner un nouveau souffle à cette institution fondée sur des règles archaïques et nécessitant un renouvellement. Il y a trente ans, Internet et les réseaux sociaux n’existaient pas. La Chine et l’Inde n’étaient pas encore parmi les grandes puissances. Les Etats d’Afrique n’étaient pas considérés comme des partenaires égaux, et n’avaient pas souvent droit au chapitre dans l’ordre économique mondial et les institutions du commerce international.
Aujourd’hui, la crise du Covid-19 et l’accès au vaccin pour tous les pays apportent des nouveaux défis supplémentaires.
Les Etats devraient donc se réengager au sein de l’OMC. Leur engagement dans la coopération commerciale est capital pour l’avenir, notamment en matière de normes environnementales et la régulation numérique.
Dr Ngozi dit sa détermination à redynamiser et à réformer l’OMC pour qu’elle soit l’organisation qu’elle doit être pour le 21ème siècle. En plus des négociations en cours notamment sur les subventions à la pêche, elle a une priorité concernant l’impact de la pandémie Covid-19 sur le commerce et la croissance. Que des défis à relever !

Sa nomination : un signe de temps pour les femmes et les jeunes filles ?

A la question d’une journaliste à l’OMC de savoir ce qu’elle pensait de sa nomination comme première femme et comme première africaine à la tête de l’OMC ?
Dr Ngozi répond : "Si cette personne se trouve être une femme, tant mieux. Si elle est une africaine, tant mieux [encore]. J’espère que cela est un signe non seulement pour les femmes et les jeunes filles de mon pays, mais aussi pour les femmes et les filles du monde entier, montrant que le monde est prêt et que les femmes peuvent le faire".
D’où l’enjeu de l’éducation des filles et des femmes au Nigéria, en Afrique et dans le monde.

L’équipe du CEAF&RI félicite et souhaite plein succès à la Docteure Ngonzi Okonjo-Iweala, directrice générale de l’ Organisation Mondiale du Commerce !

Contact  : CEAFRI
15/2/2021, mis à jour 17/2/2021