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Journée Internationale de la Fille. BIKA ! Quels défis pour l’éducation des filles ?

CEAF&RI célèbre de façon exceptionnelle cette Journée Internationale de la fille, BIKA ! Une oeuvre pour mettre les filles debout. Quels défis ? Hommage aux deux filles d’exception : Rachel Muanza (congolaise), enfant des rues primée meilleure actrice, Ours d’argent (Berlin, février 2014)),et Malala (pakistanaise, à 17 ans, prix nobel de la paix 2014 pour son combat en faveur de l’éducation des filles. Mais nous n’oublions pas les lycéennes nigerianes enlevées à Chibok. Que deviennent-elles ?

BIKA ! Debout les filles !

BIKA est une oeuvre d’entraide éducative et sociale qui donne une chance aux filles pour leur formation.
Un proverbe Woyo dit : "La valeur d’un pays, c’est la fille". Un autre adage renchérit : "Eduquer une fille, c’est éduquer tout un peuple".

Bika investit dans la scolarisation et la formation des filles. Comment atteindre cet objectif de réussite et de maintien des filles à l’école si l’on ne le soutient pas financièrement, et si on n’allège pas leurs corvées ménagères, notamment la corvée de l’eau ? Les défis à relever par BIKA sont multiples :

- faciliter l’accès à l’éducation, à la formation
- l’accès à l’eau potable grâce au forage, point d’eau potable
- Offrir un environnement propice à l’étude pour les filles souvent besogneuses après l’école.

En cette journée, prenons conscience qu’ensemble, vous et moi, nous pouvons mettre les filles debout, car leur parcours est encore parsemé d’embûches.

Hommage à Rachel Mwanza, enfant des rues primée Ours d’argent (Berlin), meilleure actrice

Le témoignage de Rachel Muanza sur l’importance de l’éducation est une interppelation d’une fille de la rue de Kinshasa (RD Congo) devenue première africaine à recevoir l’Ours d’argent de la meilleure actrice, à Berlin (18 février 2014). Actrice primée pour son rôle dans Rebelle, du Québécois Kim Nguyen. De la rue au cinema, le cas de Rachel Mwanza prouve que tout est possible lorsqu’on donne la chance à la fille. Elle poursuit sa scolarité, avec une ambition de réussir et devenir l’ambassadrice pour l’éducation des jeunes, notamment des filles des rues. On trouvera sa biographie dans l’ouvrage Rachel Mwanza, Survivre pour voir ce jour, édition Michalon, 2014.

Hommage à Malala, prix nobel de la paix

En cette journée internationale de la fille, comment ne pas rendre hommage à celle qui est devenue leur porte-parole au niveau mondial, l’adolescente pakistanaise Malala Yousafzaï, prix Nobel de la paix 2014 partagé avec l’indien Kailcash Satyarthi qui lutte contre l’exploitation des enfants. Malala résume bien notre combat : "un élève, un enseignant, un livre et un bic peuvent changer le monde".

L’école : un chemin de l’épanouissement

L’Africaine grâce à la formation est parvenue à retrouver sa dignité, à améliorer ses conditions d’existence, à contribuer plus efficacement à la construction de la société. L’école demeure pour de nombreuses filles le chemin de l’épanouissement. Elle leur a inspiré une nouvelle confiance dans leurs capacités, leur a permis de donner un sens nouveau à leur existence et d’en contrôler le déroulement. L’éducation les prépare à être actrices à part entière dans la société. Mais l’accès à l’éducation reste pour beaucoup de filles un parcours de combattantes.

L’école des filles : un parcours de combattantes. Et les lycéennes nigérianes ?

Certes, depuis l’indépendance, des nombreux efforts ont été réalisés pour l’éducation des filles. Mais elles se heurtent encore à de nombreuses difficultés.

Elles sont encore victimes d’une discrimination négative. C’est un véritable parcours de combattantes pour réussir à percer jusqu’au second cycle secondaire, et surtout jusqu’à l’université. Malgré de efforts indéniables de scolarisation des filles, leur réussite scolaire reste un exploit, pour nombre d’entre elles, à cause du poids des traditions culturelles ou religieuses qui a des répercussions sur leur éducation.

Beaucoup de jeunes filles ne peuvent pas aller librement à l’école. C’est bien le cas des lycéennes nigerianes enlevées à l’internat de Chibok depuis bientôt six mois, privées ainsi de la scolarité et menacées d’être mariées. Que deviennent-elles ? Que fait-on pour leur libération ?

Raisons d’abandon scolaire des filles

Les filles abandonnent l’école pour plusieurs raisons :

le mariage précoce,

le mariage forcé,

le harcèlement moral et sexuel,

l’éloignement des écoles,

le fondamentalisme culturel et/ou religieux

le problème financier : Lorsque leur situation financière est critique, les parents privilégient l’éducation des garçons au détriment de celle des filles destinées au mariage.

Mais scolarisation et la formation des filles ne suffisent pas, à elles seules, pour changer la situation de la jeune fille. L’éducation est une condition nécessaire, mais pas suffisante. Il faut une véritable transformation des mentalités et des structures socio-culturelles . D’où l’importance de la sensibilisation en cette journée internationale de la fille, et surtout l’engagement dans les actions concrètes d’appui à la scolarisation et la formation des filles. C’est bien l’objectif de l’oeuvre BIKA qui vise à mettre les filles debout !

Pour en savoir plus et soutenir BIKA

Contact : CEAFRI

Albertine Tshibilondi